Nous avons tous des tâches que nous apprécions moins que d'autres, voire qui sont une véritable corvée. Pourtant, nous n'avons pas le choix : nous devrons les faire tôt ou tard. Nous-mêmes. Sans les déléguer !
Je dois rédiger les rapports de stage de mes stagiaires. C'est vraiment une tâche ardue pour moi. Alors, comment je m'y prends, puisque c'est non négociable ?
Dans cet article, je vous raconte comment j'ai réussi à effectuer cette tâche pénible, mais importante. Et vous, comment vous y prenez-vous pour effectuer ces tâches que vous aimeriez ne jamais devoir accomplir ?
Manger la grenouille ???
« Si c’est votre travail de manger une grenouille,
il est préférable de le faire dès le matin.
Et si c’est votre travail de manger deux grenouilles,
il vaut mieux d’abord manger la plus grosse. »
Attribuée à Mark Twain et reprise par Brian Tracy comme titre pour son livre "Eat that frog".
Nous le savons très bien : toutes les tâches inhérentes à notre métier ou à nos passions ne sont pas forcément agréables, il y a toujours une part de cauchemar dans le rêve. Bien que nous aimions notre métier, il y a des facettes que nous détestons, mais que nous ne pouvons pas supprimer de notre cahier des charges pour autant. Il va falloir s'y mettre, tôt ou tard, plutôt tôt que trop tard !
Depuis un peu plus de 10 ans, je forme des stagiaires de la HEP à notre beau métier. J'aime passer du temps avec eux, discuter de ce que je fais, de pourquoi je le fais, de comment je le fais... de comment ils pourraient le faire autrement. J'aime les voir apprendre de leurs erreurs, parfois des miennes, progresser, tester des alternatives, choisir celle qui leur convient le mieux. C'est la part de rêve.
Comme le revers d'une même pièce, il y a aussi une part de cauchemar : compléter le rapport de stage, intermédiaire ou certificatif. Cela semble logique : après avoir formé des stagiaires, on évalue le travail qu'ils ont accompli, comme on le fait pour nos élèves.
Là où la tâche se corse, c'est que l'on n'évalue pas de simples critères comme pour nos élèves. L'évaluation est bien plus complexe. Autre élément qui ne me renvoie pas vers mes talents : écrire un (long) texte argumenté.
Autant je peux me sentir à l'aise de vous raconter une histoire et de vous donner quelques conseils au passage, autant rédiger un texte en cochant toutes les cases d'un canevas est une activité ardue pour moi. Ajoutez à cela que c'est sur la base de celui-ci que l'étudiant sera évalué pour tout le travail fourni durant le stage et la pression devient vraiment forte. Assommante. Dissuasive.
Je pourrais donc la repousser, jusqu'au délai, jusqu'à passer le délai, jusqu'à ne jamais la faire... Mais gare aux conséquences !
Découper la tâche en petits morceaux
Certaines tâches sont impossibles à effectuer en une fois, c'est clair dès le départ. On en effectue quelques bouts régulièrement et, au final, la tâche sera terminée.
Je me souviens de cette histoire qu'une enseignante que j'ai eue nous racontait. Elle transformait sa maison depuis des mois. Arrivée au moment de s'attaquer au système paratonnerre, elle se trouva confrontée à un problème important : enfoncer un pieu de belle section dans le sol de sa cave, un travail de titan qu'elle ne réussirait jamais à effectuer seule. Elle mit en place une décomposition de la tâche particulièrement audacieuse : demander à tous ceux qui lui rendraient visite de donner quelques coups de masse... La tâche était suffisamment décomposée pour être faisable. Petit à petit, le pieu a été enfoncé et le système paratonnerre a été fonctionnel. Très lentement peut-être. Mais la tâche était accomplie. Petit à petit.
Connaissant bien ma faiblesse en ce qui concerne cette étape de la formation de mes stagiaires, j'ai découpé la tâche en petits morceaux, commençant par créer des critères à partir des compétences et échelles à évaluer. Vous pouvez les télécharger ci-dessous (niveau 2e année, 3e et 4e semestres).
Cela m'a non seulement permis d'entrer dans la tâche, mais aussi de pouvoir cocher les cases tout au long du stage, selon les succès des stagiaires.
Faire des pauses
Effectuer la tâche par petits morceaux est un bon début. Cependant, il y aura toujours le moment où il faudra mettre le tout ensemble et cette synthèse reste longue et fastidieuse. Gérer son temps entre phases très actives et pauses est une manière de faire qui encourage non seulement à entrer dans la tâche, mais qui permet également de persévérer jusqu'au bout.
La technique Pomodoro est une manière de découper son temps : un temps de travail acharné, alternant avec quelques minutes de pause, avec une minuterie pour rythmer le tout.
Utiliser mes forces
Même si nous avons des tâches semblables à effectuer, nous ne les faisons pas tous de la même manière. Ni en utilisant les mêmes outils. Puisque le choix du comment nous est laissé, autant utiliser ce qui fait nos forces plutôt que de nous astreindre à le faire comme tout le monde.
Pour ma part, j'ai utilisé mon amour des cases à cocher pour décomposer les grands éléments des compétences et des échelles en plus petits, que je pouvais plus facilement observer durant les temps d'enseignement. Une fois cochés - ou pas - je n'avais "plus qu'à" écrire un texte continu et argumenté.
Utiliser un outil qui nous convient
Si la forme et le support finaux sont obligatoires, le chemin pour y arriver est libre. Il est donc tout à fait possible d'utiliser un outil qui nous paraît plus efficace pour créer et travailler le contenu que le support proposé. Il suffira ensuite de le recopier - vivement le copié / collé - sur le support final.
Pour ma part, j'ai utilisé Craft, le cahier de notes que j'utilise pour gérer ma classe, mais aussi pour prendre note de mes commentaires lors des enseignements de mes stagiaires.
Prévoir des étayages pour soi-même
Dans l'enseignement, nous sommes rodés à proposer à nos élèves des étayages adaptés, des aides spécifiques à l'un ou l'autre élève pour lui permettre de progresser dans une tâche. Pourquoi ne pas le faire pour nous également lorsque la tâche à accomplir est compliquée pour nous ?
Par exemple, développer des outils qui nous aident à l'accomplir, surtout lorsqu'elle est complexe, comme des critères plus précis lorsque nous avons de la peine à appréhender un élément trop grand ou peu précis.
Ou pourquoi ne pas développer des outils, comme une grille de prise de notes qui prend en compte également l'évaluation finale afin de nous y retrouver plus rapidement. Si mon système de prise de notes d'observation est pertinent pour l'aspect formatif, je dois encore le développer pour qu'il soit un soutien à l'évaluation... On peut toujours progresser quelque part 😄 !
S'y prendre à l'avance
Découper la tâche, faire des pauses, la transformer pour utiliser ses forces, utiliser un outil qui nous convient et aménager des étayages sont des éléments pertinents et qui aident vraiment dans ces tâches ardues... mais pour pouvoir utiliser ces leviers, il faut se battre contre la procrastination, cette envie de remettre à demain ce que je pourrais faire aujourd'hui, comme le scande très bien Grand Corps Malade.
Je ne perds plus de temps
et je remets à aujourd'hui
ce que j'ai envie de faire demain.
Grand Corps Malade, J'attends
Si l'on attend trop longtemps, avec de bonnes ou de moins bonnes excuses, non seulement la pression va monter, entre autres celle du délai, mais nous allons être privés de toute une série de leviers qui nous aident à effectuer la tâche par manque de temps. Les outils proposés ici sont pertinents pour autant que l'on prenne en charge la tâche avec suffisamment d'avance. La pénibilité se renforce au fur et à mesure que le temps passe.
Manger une grenouille restera toujours désagréable. On ne peut pas remplacer l'effort par une série de techniques et de pratiques, mais on peut l'accompagner d'outils et de pratiques qui le rendent plus à notre portée.

L'article en bref...
réalisé avec l'intelligence artificielle


